Traverser la tempête et surfer sur la vague - 2020

 

C’était en 2010, lorsque j’étais partie nager avec les dauphins libres en mer rouge.


J’étais enceinte de 5 mois. Ce fut un voyage magnifique. Je me rappellerai toujours, lorsqu’avec mon masque et mon tuba, je nageais en surface dans ce lagon, en entendant les Dauphins arriver (leurs « cris » sont perceptibles comme des ultra-sons, bien avant de les voir, c’est assez extra-ordinaire à entendre ), soudainement ils passèrent en bande en dessous de nous, à environ 2 mètres, et là, une femelle Dauphin vrille légèrement en passant sous moi pour me montrer…. son delphineau qui était tout contre elle !!! Et elle se remet dans l’axe pour continuer avec les autres dauphins.

 

Ce fut un moment bouleversant, elle avait senti mon « delphineau » à moi, la petite princesse qui grandissait dans mon ventre… ! Et elle ne s’est retournée que pour moi, c’était impressionnant.

 

Et puis un jour, le capitaine du bateau nous informe que nous allons devoir rentrer plus tôt que prévu car une tempête s’annonce. Et nous avions quelques heures de bateau à faire avant de revenir à terre !

 

Sachant cela, les gens à bord ont commencé à avoir peur. Pourtant, avec ce que nous avions vécu, je me sentais portée.


La traversée commença et en effet, le bateau s’est mis à tanguer fortement d’un bord à l’autre. Il y avait de sacré vagues ! La plupart des gens étaient allongés par terre, pâles, malades, certains vomissaient.

 

Pour ma part, je me suis complètement laissée aller au mouvement oscillatoire du bateau, faisant confiance à mon corps, qui, je le savais, s’il résistait à ce mouvement, aurait passé de biens mauvaises heures….

 

Ce fut un moment magique. Je me revois encore, laissant mon corps littéralement « danser » avec les vagues. J’avais l’impression étrange d’être bercée, d’être protégée. Moi qui ai si peur de la puissance de la mer quand elle se déchaîne, je me sentais sereine et même l’impression de faire « UN » avec elle. Comme si la Delphine limitée avait laissée place à quelque chose de plus grand en moi, qui savait très bien comment gérer la situation.

 

En acceptant totalement ce relais à plus grand que moi, cette traversée soudaine, d’être mise dans cette situation, et d’accepter de faire confiance à la partie élevée en moi, je vivais ce moment comme un moment d’union avec les éléments, assez difficile à décrire en fait, et difficile aussi à assumer face aux personnes qui étaient mal, car cela me procurait une joie intense, un sentiment de découvrir ce qu’est véritablement le sens de la Vie.

 

J’aurai voulu les aider, faire quelque chose pour ces personnes. Je me suis approchée et j’ai pu constater qu’elles arrivaient à gérer malgré leurs troubles. Et constater aussi que, de vouloir les aider, mon estomac commençait à tourner et il me fallait retrouver l’alliance avec l’oscillation du bateau, sinon je risquais de "basculer", et avec mon bébé dans le ventre, ce n’était pas envisageable.

 

A un moment, un membre de l’équipage, me voyant enceinte, découpa la pomme qu’il mangeait en deux, et me tendit une moitié : c’était un moment à la fois beau et qui pouvait me laisser perplexe car ce n’était pas le moment de manger quoi que ce soit ! Mieux valait garder le ventre vide !

 

Pourtant, ce geste si généreux, dans un tel moment, ne pouvait pas être quelque chose de négatif. Seules mes peurs pouvaient m’amener à le vivre en négatif. Seul mon état d’esprit, la façon dont j’envisagerai les choses, pouvait faire basculer les choses…

 

Alors j’ai mangé, savouré même, cette moitié de pomme, dans la conscience de celui qui partage le peu qu’il a avec moi, et du Cadeau qui venait de m’être offert.

 

Et je n’ai pas été malade. J’ai continué ces quelques temps de traversée à « baigner » dans des énergies de reliance avec mon environnement et dans l’acceptation totale de ce qui était à vivre.

 

Si je parle de cela, c’est parce que ce matin, j’ai eu ce message. Cette sensation que nous sommes dans cette traversée, et comme si cela n’allait pas s’arrêter là.

 

Le coronavirus, ce sont les premières contractions, les premières vagues d’une nouvelle naissance à venir, celle d’un nouveau monde.

 

Peu importe ce qui arrive, l’important est de suivre le mouvement, de faire corps avec ce qui se présente, de garder la reliance, garder confiance. Même si c’est déroutant, effrayant, bouleversant. Même si nous devons lâcher nos habitudes, changer notre manière d’être et de faire. Même si nous n’avons jamais connu ce qui se passe.

 

Nous sommes dans une immense période de changement et de nettoyage. Lâcher, accepter, s’alléger, accepter, lâcher, toujours et encore. Ne pas résister. Garder confiance que tout est juste et parfait. Garder cette connexion avec la Vie qui nous guide, même dans la tempête. Si, et seulement si, nous acceptons de nous laisser guider par Elle…

Sinon ce sera plus difficile à traverser….

 

Car nous sommes dans cette période où nous n’avons plus le choix que d’éveiller nos consciences, de libérer les potentiels d’intuition, d’être à l’écoute de nos besoins, de nous ouvrir aux nouvelles méthodes de soins et de guérison…. Aux nouvelles valeurs de travail dans le respect de l’humain, des animaux, de la terre, avec ouverture de conscience, entraide et partage….

 

Tous ceux qui ne sont pas basés sur ces énergies pourraient avoir des moments difficiles à passer…

 

Le seul moyen est de garder confiance, et de suivre le sens du courant. De danser avec. Et je suis profondément convaincue qu’en adoptant cette attitude, nous pouvons « surfer » avec les vagues. Que nous sommes en Sécurité quoi qu'il advienne.

 

Belle journée,
Delphine Ragon

17 juin 2020